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Su-asti-Gil

Su-asti-Gil

Peuples, symboles, croyances, rituels, animisme, ethnologie, chamans, tatouages, ancêtres, sagesse tournant autour du Svastika.

Publié le par Gilles
Publié dans : #Afrique


Pygmées Mbuti

Les pygmées Mbuti se situent dans la forêt de l’Ituri en République Démocratique du Congo, ancien Zaïre. Chasseur-cueilleur, la forêt est source de leur existence et croyance (animiste), mais aussi inspiration philosophique et artistique.



Home, Sweet Mbuti Home...





De l'autre coté du miroir...



Rituel de chasse

 

Comment ne pas faire le lien avec les chasseurs du paléolithique qui traçaient ces formes animales sur les parois des grottes.

Ces pygmées Cwa ne répètent-ils pas le même schéma que nos ancêtres adoptaient en visant l’animal peint comme pour se l’approprier?

Rituel d’imprégnation et de projection de l’acte de chasse.

En tuant l’animal dessiné (un double), ils tuent aussi mentalement l’original.

"Lianes"


Les femmes de ce peuple sylvestre peignent au doigt ou avec de petits bâtons sur le liber (partie interne de l’écorce, battue et préparé par les hommes) des signes et tracés représentants leur environnement, c'est-à-dire la forêt.

Représentation simplifié et abstraite du monde floral (arbres, plantes, feuilles, lianes, graines...), animal (léopard, antilope, crocodile, serpent, oiseau...) et autres (nid d’abeille, toile d’araignée, papillon, insectes grouillant dans l’humus...) mais aussi des sons et bruits de la forêt.

Ces vêtements d’écorces ou murumba (peintes d’un colorant noir tiré de racines, fruits et feuilles) sont portés lors de célébrations et rites de passages initiatiques tels que la puberté, le mariage ou une naissance, un enterrement.

écorce battue avec svastikas protecteurs
pygmées Mbuti

é
corce battue, pygmées Mbuti


écorce battue, pygmées Mbuti



Selon leurs croyances, les pygmées Mbuti avaient jadis un contact direct et privilégié avec les énergies de la forêt ; lien quasi mystique. Ils portaient en guise de pagne les écorces peintes d’une écriture signée, parlaient et chantaient avec et pour les esprits forestiers (mokoondi) ; symbiose et fusion avec leur environnement.

Les chants polyphoniques pygmées (chants alternés et jodle) sont un mode d’expression sylvestre primordial : « Nous chantons dans la forêt pour manger. Le chant fait plaisir aux esprits de la forêt. En retour, ils nous donnent du gibier »

Les 2 textes scannés, ainsi que les photos des écorces peintes
sont tirés du catalogue de l'exposition:
"Pygmées ?
Peintures sur écorces battues des Mbuti (Haut Zaïre)"
(1991)
R. Farris Thompson - Serge Bahuchet, musée Dapper, Paris.

 

 


Paysage d'inspiration Mbuti

  Mai 2009 / Gil


Les signes Mbuti inspirés de la forêt et tracés sur l’écorce donnent une composition abstraite. Dans ce dessin au crayon, j’ai réutilisé leurs codes graphiques mais en recherchant une disposition figurative avec une hiérarchie verticale (sol, graines, vers et insectes grouillants, croissement et ondulations des plantes, lianes retombantes et insectes volants).

Le svastika apporte une protection et un lien sacré à l’ensemble (comme sur certaines « toiles » pygmées).

Je ressens dans la courbure des lignes et la disposition des éléments une ondulation, un mouvement aléatoire dans un tout cohérent et entier (la forêt)

J’ai demandé à Romain, mon fils de 6 ans, ce qu’il voyait dans cette image. A ma grande surprise, il m’a répondu : « du vent ». J’ai trouvé cette réponse très belle.

                                           ...le vent des esprits...

 

http://www.deezer.com/fr/music/result/all/pygm%c3%a9es#music/pygmees-du-haut-zaire/hango-efe-asua-287941

 

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Birraux Pierrette 29/12/2015 20:17

Bonjour,

Oui, ce blog est vraiment intéressant et bien fait.
Dans le cadre du Docip, Centre de documentation, de recherche et d'information des peuples autochtones, je suis en train de réaliser une publication d'un Symposium d'histoire orale qui s'est tenu à Genève à l'ONU avec les anciens de ces peuples.
Il s'agit de transmettre aux jeunes générations l'histoire de leur démarches auprès des Nations Unies tout en y incluant des éléments de leur culture et de leur spiritualité, indissociables pour eux de leur travail diplomatique
J'aimerais y inclure la photo intitulée "Lianes" qui se trouve dans votre blog et viens vous demander quelles seraient vos conditions en termes de prix et de droits d'auteur. Comme vous pouvez l'imaginer, en tant qu'ONG nous ne sommes pas dans le circuit commercial. Notre publication est prioritairement destinées aux autochtones et sera publiée en espagnol et anglais, dans un premier temps, en français et en russe, si nous trouvons le financement pour le faire. Environ 300 exemplaires par langue et en version papier sont prévus ainsi que sa mise sur notre site. La photo devrait avoir une résolution minimum de 300 dpi.

Dans l'attente d'une réponse positive de votre part, je vous souhaite une très belle année 2016.

Pierrette Birraux
Board Member, Membre du Conseil de fondation, Miembro del Consejo de Fundación
doCip
106, route de Ferney
1202 Genève
tél. + 41.22 740 3433
fax : + 41 22 740 3433
www.docip.org

Maud 26/06/2009 08:59

Magnifique! Nous n'inventons rien, cet art me parle comme si je recevais à ma naissance un guide de la route. Quand je lis ces morceaux de parchemins, j'y découvre un monde, un univers que je connais ou qui me connais déja. Force de la nature, voix divines qui nous accompagnent depuis la nuit des temps sous des formes originales dans différentes ethnies, mais le but est le même, prendre conscience de notre existence et deviner à travers ces écrits quelle est donc notre mission pour faire de ce monde un havre de paix...merci Gilles.

Gilles 26/06/2009 11:19


Merci Maud, nous sommes sur le même chemin, partageons le même horizon...


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