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Su-asti-Gil

Su-asti-Gil

Peuples, symboles, croyances, rituels, animisme, ethnologie, chamans, tatouages, ancêtres, sagesse tournant autour du Svastika.

Publié le par Gil
Publié dans : #Amérique

article à mettre en lien avec "SvastikHaïda-Tlingit"

La puissance des chamans chez les Tlingits
et Haïdas

 

« (…) Il n’est guère étonnant qu’un groupe particulier d’hommes et de femmes, les chamans, ait existé pour guérir les maladies. Les chamanes avaient d’autres pouvoirs : provoquer le beau ou le mauvais temps ; assurer un passage de saumons exceptionnel ; reconnaître les sorciers ; garantir la victoire au combat.

shaman Haïda

chaman haïda


Même si les chamans demandaient de l’argent en échange de leurs services et pouvaient ainsi devenir relativement riches, ils occupaient rarement une position élevée dans le système hiérarchique et, d’habitude, appartenaient aux branches les moins prestigieuses d’un lignage ou d’un clan. Mais comme ils contrôlaient le monde surnaturel, leur influence était énorme.
 

Sans titre-23

Masque Tlingit d'un chaman chantant
1800-1850, hauteur: 19, 5 cm


Comme il n’était pas donné à n’importe qui de posséder les pouvoirs surnaturels d’un chaman, les Tlingits de sexe masculin mettaient tout en œuvre pour obtenir les faveurs des esprits protecteurs. A cette fin, les hommes se purifiaient par des bains d’eau froide ; se flagellaient avec des branches de bouleau ; jeûnaient, se purgeaient, respectaient parfois des périodes d’abstinence sexuelle, afin de se rendre agréables aux esprits et à l’un d’eux en particuliers, susceptible d’intercéder en tant que protecteur. L’homme chanceux pouvait même recevoir une vision et être possédé par un esprit, qui dès lors devenait son gardien.



Sans titre-18

Masque Tlingit de chaman. La pâleur verdâtre, le rictus et les rides suggèrent
qu'il représente l'esprit d'un homme mort ou mourant.

1850-1900, hauteur: 21 cm
 

Même quand ils n’exerçaient pas leurs pouvoirs, les chamans intimidaient par leur aspect. Ils ne se coupaient jamais les cheveux, de peur de perdre leur force, et ne les coiffaient jamais, les laissant se transformer en une masse hirsute. Quand ils pratiquaient une guérison, le spectacle était absolument électrisant. Bien que la guérison se déroulât dans la maison du malade, la séance était toujours publique. L’immense pièce, plongée dans l’obscurité, était seulement éclairée par le foyer central, à coté duquel s’allongeait le malade. Ses parents et tous les autres habitants de la maison faisaient cercle autour de la pièce en chantant au rythme d’un tambour placé près de l’entrée.


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Ce grelot en bois, minutieusement sculpté et incrusté de coquillages, était agité par un chaman tlingit pour convoquer ses esprits tutélaires. Il représente un corbeau portant sur son dos un homme qui tire la langue au-dessus d'une grenouille. Une tête évoquant celle d'un faucon est sculptée sous le ventre du corbeau.

Puis le chaman, masqué, vêtu d’une couverture spéciale et portant un grelot, entrait et commençait le rituel. Chaque chaman tlingit possédait un certain nombre de masques différents, chacun représentant un esprit particulier ; il pouvait en utiliser plusieurs au cours du traitement, selon qu’il estimait que tel ou tel esprit était le plus efficace à un moment donné.


Sans titre-27

Ce masque terrifiant, qui représente un des esprits tutélaires,
était porté par un chaman tlingit durant les rites de guérison.

 

Le chaman commençait par courir rapidement autour du feu, le corps plié, secouant son grelot et chantant au rythme régulier du tambour jusqu’à ce que l’esprit qui l’assistait l’eût envahi. Ensuite, quand son esprit lui avait appris la cause de la maladie du patient, le chaman essayait un remède. Parfois, il se penchait au-dessus du corps prostré pour aspirer l’élément étranger responsable de la maladie, soit en plaçant ses lèvres sur le corps du patient, soit en utilisant un tube spécial en os. En d’autres occasions, il prescrivait une médication.

Sans titre-28
Sculpté en ivoire, et incrusté de coquillages, ce "capteur d'âmes" représente une otarie à 2 bouches. Lors des rituels de guérison, peut-être servait-il à capturer l'âme du malade, près à partir, pour lui faire réintégrer le corps.


 

Quand il montrait ses talents uniquement pour faire valoir sa supériorité, le chaman accomplissait des actes encore plus miraculeux : il avalait des morceaux de bois et des outils, puis les recrachait, chantait des chants dominateurs, s’écroulait en simulant si bien l’évanouissement qu’on le croyait mort, pour, après être resté un moment étendu, immobile, sur le plancher, bondir sur ses pieds avec des gestes frénétiques. Parfois même, il pénétrait dans le foyer central et marchait, pieds nus, sur les braises brûlantes. (…) »
 

Lignes tirées du livre:
« La grande aventure des Indiens d’Amérique du Nord »

-La côte nord-ouest, marchands et pêcheurs-

Stanley A. Freed - 1978



Hochet guérisseur de chaman Haïda
Hochet guérisseur de chaman Haïda

Commenter cet article

Maud 18/12/2009 13:03


Coucou Gil!!! merci pour ton mot magnifique!! quelles ressources!!! je me découvre à travers toi.....c'est hyper interressant!! pour te répondre...j'ai fait cette toile d'instinct...j'ignorais tout
cela! merci de m'éclairer! c'est fascinant de te lire!!
bonne journée!! je t'embrasse.maud.


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