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Su-asti-Gil

Su-asti-Gil

Peuples, symboles, croyances, rituels, animisme, ethnologie, chamans, tatouages, ancêtres, sagesse tournant autour du Svastika.

Publié le par Gil
Publié dans : #autres

 

Fasciné par les peuples d'hier et d'aujourd'hui implantés sur toute la surface du globe, j'en ai fait ma matière à réflexion.
Leur mode de vie, leur histoire, leur culture, croyance, rituel, philosophie, production artistique (peinture, sculpture, architecture, vêtements, danse, écrits...) m'ont fait ouvrir les yeux sur un autre monde à travers leur regard.
Je me suis très rapidement aperçu de l'importance des symboles dans leur perception du monde qui les entoure.
Langage codé pour se reconnaître au travers d'un passé et présent commun, d'une ethnie commune. Langage pour communiquer avec leurs proches présents mais aussi passés (le culte des ancêtres).
Quelque soit l'ethnie, le pays, le continent, au néolithique, en l'an 200, au XVIIIe siècle, et même encore aujourd'hui, de basse classe ou de haut rang, des symboles identiques se retrouvent constamment: centre, cercle, carré, croix, points, spirale...
parmi tous ces codes communs, je fus attiré par l'un d'eux des plus surprenant: le svastika.

 

2130665874_e4688f795b.jpg

 

Symbole meurtri par l'histoire, le svastika s'est coupé, en occident, de son message originel de bonheur, protection et communication avec des pensées positives et bienfaitrices.

J'essaie, au travers de l'utilisation artistique et métaphysique que certains peuples et civilisations en ont fait de par le passé (ou mon appropriation détournée dans mes dessins infographiques) de lui redonner son vrai visage.
 



Symbole de Vie et Bonheur (son nom provient du mot sanskri "Su-asti" qui veut dire "bien-être"), le svastika est la croix (symbole premier) qui tourne (la Roue de la Vie) pour devenir un disque solaire, synonyme de Vie.



Il existe un idéogramme chinois qui représente un svastika et se nomme « Wan », qui se traduit par « bonheur ». Il est aussi le chiffre 10000 qui, dans le bouddhisme chinois, symbolise la réalisation des 10000 mérites qui promettent le nirvana. Le Bouddha est souvent représenté avec un svastika sur sa poitrine pour cette raison.


"Le Svastika est une demeure-modèle ayant quatre portes dans les quatre directions et au croisement de quatre routes"
-texte sanscrit-


ETAT-UNIS, couverture navajo 2
Couverture Navajo, Amérique du nord

 

le sens de rotation du svastika

Beaucoup veulent y voir deux croix bien distinctes: l'une tournant vers la droite (dextrogyre) symbolisant le bien, et l'autre vers la gauche (senestrogyre) exprimant le mal. Tout cela dépend du contexte dans lequel ils sont utilisés. Certaines cultures font une grande distinction entre les 2, d'autres l'associent les considérant comme 2 représentations d'un même symbole, comme la dualité en chaque chose.
Pour ma part, j'utilise les deux croix selon mon inspiration et le sujet choisi. J'ai tout de même remarqué que les svastikônes m'arrivent bien plus souvent sénestrogyre que dextrogyre (voir album-photos); il me semble ne pas avoir un esprit négatif et contre-nature. A vous de juger à travers mes dessins et réflexions.

 

Ornementation d'une coupe trouvée à Suse (IRAN) / 2000-1000 av. JC
 

Etant un passionné d'ethnologie, j'insère également dans mon blog des "fenêtres" donnant sur un monde d'hier et d'aujourd'hui: articles, citations, photographies, dessins; regard sur une civilisation, un peuple, une ethnie sans relation direct avec le svastika.

............................

J'ai découvert récemment un svastika gravé sur une pierre dans le Tyrol du Sud. Il est daté de l'époque celte. Je suis descendue vers ce que l'on appelle ici Hölle, une sorte de chaudron très profond qui reçoit l'eau d'une cascale, le svastika n'était pas loin juste à l'entrée de grottes à environ 300 mètres de la cascade en contre-bas. Jolie rencontre qui m'a rappelé ton article. Le signe est protégé par une barrière, mais on peut bien l'apercevoir. Sur le panneau d'explication, le svastika a été gratté. Signe que ce symbole est encore méconnu et toujours relié à la croix g.


Amicalement, Maous

Commentaire n°1 posté par Maous le 30/01/2011 à 16h26

Bonjour Maous,

Merci pour cette petite anecdote.

Encore une fois, on voit très bien qu’un symbole qui, au départ, apportait protection et réconfort pour ce monde ici-bas, mais aussi pour l’au-delà (déposé près du défunt, ou porté sur lui, dessiné ou gravé…) peut, avec les travers de l’Histoire, exprimer un sentiment de haine et d’horreur dans la tête des gens.

Á nous de percevoir intelligemment les choses avec du recul.

C’est aussi tout l’intérêt du message que j’essaie de faire passer au travers de mon blog.

Belle journée

Gil

Réponse de Gil le 31/01/2011 à 08h58

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Publié le par Gil
Publié dans : #Europe

 

SvastikIrlande

 

 

23. SvastikIrlande 2,rvb-copie-1

Mai 2008
 

 

  

Inspiré des pages enluminées des livres irlandais,

manuscrits écrits et décorés par des moines des VIIe-VIIIe siècles.

 

 

23. SvastikIrlande 2, détail 1, RVB

 

Joyaux-clef central du grand svastika aux ailes puissantes.

 

 

Le corps, le cœur, là où nait la Vibration.

Circulation, fluidité vénale.

 

 

Semblant d’arachnide fabuleuse, d’étoile de mer anguleuse

aux membres multiples à rehauts d’or

 

 

23.-SwastikIrlande-1--d-tail-2.jpg

 

Détail des caissons latéraux

0075-18 IV 08 (14h15)

Svastikône du 18 avril 2008 (14h15) qui me servit de structure de base

 

 

 

le livre de Durrow, page-tapis, vers 680b

Page-tapis du livre de Durrow

 vers 680

 

le livre de Durrow, page-tapis, vers 680, détail

 détail de la page-tapis précédente

 avec caissons à svastika

 

Lindisfarne folio210v

 

Page-tapis du livre de Lindisfarne

Folio 210v, VIIIème siècle

 

Lindisfarne folio210v,détail 2

 

détail de la page-tapis précédente

avec également des caissons à svastika

 

 

SvastikIrlande

 

Les livres de Kells, de Durrow, de Lindisfane,

manuscrits d’une Irlande médiévale,

aux pages chargées d’entrelacs,

de roues tourbillonnantes,

de droites et d’angles

et de monstres sacrés

sorti du bestiaire religieux.

 

Les corps des lettres et du vivant s’étirent, s’enchevêtrent

leurs ailes se déploient

dans ce labyrinthe végétal aux encres flamboyantes

 

Le moine-scribe, calligraphe-enlumineur

s’amuse à nous perdre dans cette Multitude

où tout est fait pour s’oublier

dans la toile du Temps et de l’Espace.

 

  Janvier 2012

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Publié le par Gil
Publié dans : #Afrique

 

Présence du svastika dans les décors

des églises coptes, en Ethiopie

  

Lalibela, église Beta Masqal
façade de l'église-crypte ("maison de la Croix")


Lalibela, église Beta Masqal, détail


 

Lalibela, église Beta Masqal

 

 

Lalibela, église du Sauveur

 


 

Lalibela, église du Sauveur, détail



Lalibela, église Beta Maryam
fenêtre du mur nord, croix cramponnée et grecque

Lalibela, fenêtre
croix grecque avec, en son centre, un svastika


Abreha Asbeha, église-crypte, bras sud du transept
décor de svastika sur la voûte en berceau et l'intrados de l'arc, au premier plan

 


Abreha Asbeha, église-crypte, pilier cruciforme de la croisée

 

Abreha Asbeha, église-crypte
voûte en berceau et demi-coupole au dessus du sanctuaire

 


 

détail


Roches de l'Amba, monastère de Dabra Damo
église Enda Abuna Aragawi, porche, fenêtre nord (en bois)

 

 

détail du décor sous la fenêtre


 


grotte de Yemrehanna Krestos
église-grotte Saint-Sauveur, peintures du plafond


Dabra Salam, église Saint-Michel
narthex, fenêtre, vue de l'intérieur


église Gannata Maryam, façade sud, galerie des piliers


 

détail



Autre article sur les croix coptes:

http://su-asti-gil.over-blog.com/article-33587392.html

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Publié le par Gil
Publié dans : #Asie

(Nouvelle écrite entre septembre 2011 et janvier 2012)

Je m’appelle Koyash-Adja(1).

J’étais un homme jeune et pauvre, travaillant comme éleveur de rennes pour les riches membres de la tribu Sakha, sur les grandes prairies dégelées de la Yakoutie, en Sibérie, juste sous le cercle arctique. J’étais un Sakha-Uriangkhaï nomade ou Yakoute actuel. J’avais l’habitude de venir au village avec mon maître. Une séance chamanistique (kamlénie) allait avoir lieu dans la yourte principale au centre du village.

Le soleil terminait sa course...

 

Yaranga Koriak

Une yourte sibérienne

 

Porte avec svastiCroix tantraïque, blog2

Porte de la yourte

 

Je m’arrêtai un instant devant la porte de la yourte sur laquelle était brodée une grande croix ansée se terminant en volutes, aux branches décorées d’un lacet à un brin dessinant comme un arbre stylisé.

 

SvastiCroix tantraïque

SvastiCroix tangraïste

SvAstiKHA

  

Aux quatre angles étaient placées des croix coudées qui me rappelèrent celles que j’avais vues lors de la dernière grande fête tangraïste (Yssyakh(2)), gravée sur un poteau totémique (sergué) entourant la grande croix emblématique de notre religion sakha.

 

Croix tangraïque Sakha 2b

 Poteau sergué paré de la croix tangraïste et de svastikas

 

 

Elle-même se situait dans une croix coudées aux angles arrondis, lui servant de fond. Je me souviens encore de mon grand-père qui me disait que quiconque rentrait dans une yourte avec ce dessin sur la porte était protégé contre les mauvais esprits. Etait-ce un symbole solaire, cette « Roue-de-la-Vie » qui nous transporte tous, quoiqu’on fasse ?

 

Mon maître me fit comprendre qu’il était temps de rentrer dans la yourte. Je soulevai donc cette lourde peau servant de porte et entrai dans cette grande et vaste hutte conique aux parois en peau de renne. Il faisait sombre. Seul le faible foyer central éclairait la pièce en créant derrière les occupants qui étaient encore debout de grandes ombres venues d’un ailleurs pressenti.

Un par un, les gens arrivèrent et s’assirent le long du mur, les hommes à droite, les femmes à gauche.

Sur une plate-forme située au fond, on pouvait discerner le chaman (l’ojun) agenouillé, immobile, se concentrant, coiffé d’un bonnet fait de plumes d’oiseaux et vêtu d’un manteau de cérémonie (tanara(3)) en peau de vache auquel était accroché une multitude d’éléments en fer : disques, anneaux, boucles, plaques, ainsi que des cloches de cuivres (hobo(4)) et des représentations du squelette humain (ancêtres du chaman) et de ses entrailles. Sur la partie avant du manteau était cousu des images de soleil, de lune et d’étoiles. Parait-il que ces objets deviennent sacrés de par le contact que le chaman crée avec le monde des esprits. En retour, les esprits reconnaissent la sacralité de ces objets et « descendent » alors jusqu’au chaman, comme une reconnaissance.

 

 

 

yakut-shaman

Chaman yakoute

 

Devant lui, à plat, était posé un grand tambour légèrement ovale (un tüngur-düngür).

Sur ce tambour(5) était tracé deux lignes horizontales le coupant en trois et représentant l’univers dans son ensemble : le monde inférieur, la terre « du milieu » et le ciel (le monde « d’en-haut »).

Mon maître m’expliqua que le battement du tambour permet d’invoquer les esprits. Il me rappelait également que ce son répété est assimilé au son premier, celui du battement du cœur de la Mère nourricière, ainsi que de la Terre-Mère (iïe bor).

 

 

P1070711

...tel un oiseau toutes ailes déployées

 

Croisées sur la plaque de cuivre (l’ämägyat(6)) qui pendait contre sa poitrine, ses mains semblaient dessiner un oiseau toutes ailes déployées. Sur cette plaque, on y devinait, selon l’intensité du foyer, une silhouette d’homme gravée.

 

Le chaman se leva doucement, se plaça au centre de la pièce, demanda de l’eau qu’il bu, s’inclina en direction des quatre coins de la yourte (symbolisant les quatre orientations du monde) tout en crachant de l’eau sur le sol.

Puis, tout aussi lentement, le tambour sur la poitrine, il s’agenouilla en direction du sud qui mène au pays des Ancêtres. On jeta une poignée de crins blancs sur le feu qui l’éteignit quasiment. La pâle lueur des nuits de Printemps arctiques traversait la toile de la yourte permettant suffisamment de suivre les mouvements du chaman.

Tout était alors silencieux…

 

Brusquement il se leva, me faisant sursauter, et commença à battre doucement la peau tendue du tambour à l’aide d’une baguette en os de baleine et à chanter d’une voix plaintive. Puis, le rythme lancinant du tambour se fit de plus en plus rapide et fort comme le bruit d’une tempête approchant.

Dans les intonations de son chant, on pouvait percevoir des sons imitant le hurlement du loup, le grognement de l’ours, le glatissement de l’aigle, et les voix d’autres animaux : ses esprits-gardiens, ses doubles zoomorphes(7).

Ces voix semblaient provenir, tantôt du coin le plus proche de l’auditoire, tantôt du coin opposé, puis à nouveau du milieu de la yourte et ensuite du trou d’aération. On dit que les chamans versés dans cet art possèdent un pouvoir particulier dans la modulation vocale.

 

Le public présent dans la yourte à regarder le chaman prenait part à la cérémonie, en formant une sorte de chœur primitif. Leurs fréquentes exclamations participaient, et semblaient comme encourager les actions du chaman(8).

 

 

chamane

Costume d’un chamane, musée de Bagdarine, Bouriatie

Photo par Pavel Ageychenko

 

Le battement du tambour devint de plus en plus rigoureux pour atteindre son paroxysme dans un crescendo infini. Lui aussi semblait retentir de différents endroits : au-dessus des têtes, puis venant du sol, de derrière ou de devant le public recueilli. Le chaman se déplaçait en jouant de tous ces éléments de fer accrochés à son manteau répondant bruyamment à chacun de ses mouvements amples, brassant l’air, cherchant à dompter tout l’espace qui l’entourait tel Turuya(9), l’oiseau sacré.

Même quand il s’immobilisait brusquement, le balancement de tous ces pendants métalliques s’entrechoquant prolongeait ses gestes dans un contexte sonore irréel.

 

 

costume chamanique Yakoute

Costume chamanique Yakoute

 

Ses yeux étaient étranges, comme « brillant ». (Certains disent que les chamans ont la faculté de voir les « esprits » même dans l’obscurité.)

 

yakut-shaman-with-a-drum

 

Tout d’un coup, le chaman s’effondra de tout son long, en tombant sur le visage (ce qui est bon signe), complètement épuisé, la respiration haletante.

 

Puis il y eut un long moment de silence…

 

Son visage semblait dévasté et épuisé comme celui d’un vieil homme bien qu’il n’ait qu’une quarantaine d’années. Les mots incohérents qu’il prononça alors dans un débit effréné mais scandé étaient proférés par l’esprit convoqué qui, par son intermédiaire, annonçait que l’esprit néfaste (le kalau) qui apporta la maladie dans le village était, à présent, parti et qu’il ne reviendrait pas.

Les prières avaient été entendues

-la cérémonie était finie-

 

 

La nuit suivant cette séance chamanistique, mes songes furent imprégnés de visions troublantes, accompagnées de vibrations qui envahirent mon corps et mon âme jusqu’au levé du soleil. C’est comme si, par le biais de mes rêves, des esprits étaient venus me visiter et me parler d’autres mondes.

C’est la première fois que je ressentais cela !

 

Au matin, j’expliquai à mon maître ce qui m’était arrivé. Il ne dit mots mais acquiesça un sourire de compréhension.

Le jour même, mon maître et moi-même retournâmes dans notre village retiré de l’autre coté du grand lac gelé.

 

Peu de temps après cette cérémonie qui m’impressionna tant, je tombai très malade un mois durant pendant lequel je restai inconscient, presque immobile sans en connaître la cause. Parfois, je reprenais presque conscience, mais m’évanouissais à nouveau avant de recouvrer mes sens. « J’aurai dû mourir », m’expliqua-t-on, et pourtant...

Durant ce mois de torpeur, je devins aussi sec qu’une branche morte. Dans ma léthargie, je m’entendais psalmodier des chants venues de je ne sais où. Une fois, un esprit-oiseau m’apparu sous l’aspect d’une croix à quatre pales (la tête, les deux ailes et la queue) et, debout à quelques pas de là, un être me parla en ces mots : « Fabrique-toi un tambour et tout ce qui convient à un chaman. Bat le tambour et chante. Si tu es un homme ordinaire, il n’en sortira rien ; mais si tu es un chaman, tu ne seras plus ordinaire. »

Avais-je entendu mon animal-mère, mon ijä-kyl(10)?

 

oiseau-svastika

L’esprit-oiseau m’est apparu

 

Lorsque je repris connaissance, je découvris que j’étais maintenu par la tête et les pieds par mes amis qui me pensaient déjà mort, emporté par les esprits néfastes, les kekhn. Seul mon maître était confiant. Je m’agitais ostensiblement et hurlais sur différents tons avec des intonations variées dans la voix, comme les chamans ont coutume de le faire. J’exigeai immédiatement un tambour, et commença à le battre et à chanter. Je me sentais moitié mort, moitié ivre. Mon corps était ruisselant de sueur de la tête aux pieds. Les yeux fermés, j’entendis à nouveau cette voix protectrice qui me dit : « Si tu rencontres un malade, soigne-le».

Etais-je devenu un chaman blanc, un aïy-oïuna(11), un guérisseur des âmes perdues ou meurtries?...

 

 

Mon maître m’expliqua que je venais de «plonger», c’est-à-dire que mon âme erra dans les autres mondes, parlant avec les esprits pour leur demander conseil.

 

Je découvris, après un long apprentissage chamanistique(12) auprès d’un chaman plus âgé, et au fil des séances qui se succédèrent, que mon ämägyat, mon esprit-protecteur, l’oiseau-cruciforme, qui entre en communication avec moi lors de mes danses, ne peux entrer en moi tellement sa force est grande. Il se place donc à coté de moi pour venir à mon aide dans les moments critiques, ou à chaque fois que j’en ai besoin.

A partir de cet instant, je ne vois et n’entends que grâce à celui-ci.

On m’a dit qu’à ma mort, j’emporterai mon ämägyat avec moi, et nous nous unirons pour devenir créature céleste...

 

 

Notices :

 [1]. Koyash-Adja : Koyash (soleil) / Adja (croix)

Koyash est le dieu du soleil dans la mythologie turque. 

 

2. L’Yssvakh est la fête nationale Sakha qui a lieu pendant le solstice d’été. Elle est la plus grande fête de la Yakoutie. Elle est inaugurée par les chamans blancs qui effectuent les cérémonies tangraïstes avec les prières traditionnelles.

 

3. Le manteau, dans sa totalité est un tanara (manteau et accessoires). Il possède un pouvoir surnaturel, et devient alors protecteur pour celui qui le porte. Cela permet au chaman de voyager dans les mondes d’en-bas et d’en-haut pour rencontrer les esprits et traiter avec eux. Les Yakoutes l’appellent le « cheval du chaman ».

 

4. Cloches de cuivres sans battants suspendues sous le col du chaman de la taille d’un œuf de corbeau et comportant un dessin de tête de poisson dans la partie la plus fine.

 

5. L’âme de l’arbre, généralement du mélèze (symbolisant le Turu, l’arbre-du-monde) qui a permit de façonner le cadre du tambour, ainsi que celle du renne qui s’offrit au chasseur pour faire la peau tendue se retrouve dans cet instrument si cher au chaman. Ainsi l’esprit-arbre et l’esprit-animal acquérant une nouvelle vie, deviendront le « véhicule », la monture qui permettra au chaman de rejoindre l’inframonde pour communiquer avec les esprits.

Mais l’animal-tambour n’abrite pas que la seule âme de l’animal et de l’arbre, mais des esprits nombreux, ceux qui, rassemblés dans le tambour, le rendent si pesant au cours de la séance, ceux qui peuplent les accessoires métalliques, éventuellement les peintures de la peau.

 

Tous les esprits se réunissent à la voix de l’instrument, vibrant sous le battoir, la peau s’éveille elle-même et devient monture, cheval ou renne, pour emporter le chaman chez les esprits d’en bas ou auprès des divinités célestes.

 

En complet accord, pleinement solidaires, chaman et tambour parcourront ensemble les trois registres de l’univers, les six directions de l’espace, sans se limiter à la terre du milieu. Voyage à deux !

Un seul coursier, toujours infatigable, « sûr véhicule », « aile d’or », galopera, volera, plongera, participera sans relâche à l’œuvre salvatrice : repousser, pourchasser, vaincre la maladie et la mort.

 

6. L’ämägyat est une plaque de cuivre que le chaman attache sur sa poitrine. Elle est couverte d’un dessin d’homme.

L’ämägyat est aussi le nom attribué aux esprits protecteurs. Le chaman implore l’aide de ceux-ci, et ce n’est que quand ils descendent sur celui-ci que le chaman entame ses danses frénétiques. Le chaman ne voit et n’entend qu’à travers son ämägyat.

 

7. Les voix émissent sont des imitations de sons humains, surhumains, animaux, voire de tempêtes et de vents, ou d’un écho, et proviennent de tous les cotés de la pièce ; du dehors, d’en-haut et d’en bas. Toute la Nature se retrouve parfois représentée dans la yourte, siège de la kamlénie.

Parfois, le chaman ne comprend pas lui-même le langage qu’il utilise ; il est un intermédiaire entre le monde des esprits et celui des humains.

 

8. Sans l’intervention du public (ocitkolin / envoyer des appels en réponse), un chaman se considère incapable de pratiquer correctement son office.

Chez les esquimaux asiatiques, la femme et les autres membres de la famille forment une espèce de chœur, qui parfois saisit de temps en temps la mélodie et chante avec le chaman.

 

9. Chez les chamans Sakhas, la grue (appelée « Turuya ») est un oiseau emblématique venant souvent les visiter pendant leurs transes.

 

10. La vie du chaman est liée à cet animal-mère qu’il  ne pourra voir que trois fois durant toute sa vie de chaman : à la toute première transe, au milieu de sa carrière et juste avant sa mort.

Kyl se traduit par « animal sauvage, renne ». Même si les Sakha sont passé d’éleveurs de rennes à celui de chevaux, le nom de l’ijä-kyl en a gardé mémoire.

 

11. Chamans blancs

Les chamans blancs (aïy-oïuna) sont, dans le pays Sakha en très faible nombre par rapport aux chamans noirs (abassy-oïuna). Ils participent aux fêtes du printemps, aux cérémonies de mariage, aux rites de fertilisation et à la guérison des maladies. Le chaman blanc peut absorber les esprits des maladies, mais aussi s’emparer d’une âme en fuite pour la restituer à son propriétaire légitime.

Sur les manteaux des chamans blancs sont cousus des représentations de soleil, lune et étoiles (représentation du crépuscule qui règne dans le royaume des esprits), sur ceux des chamans noirs, des figures d’animaux, oiseaux et poissons (représentation des monstres censés peupler le pays des esprits).

 

Chaman noir

 Les chamans noirs sont des chamans guérisseurs. Les chamanes noirs font des sacrifices, prédisent l’avenir, invoquent les esprits et font des récits de leurs tribulations.

Ils étaient souvent à la fois des hypnotiseurs, des poètes et des chanteurs, capables dans le costume lourd de quinze kilos de sauter pendant leurs danses à une hauteur d’un mètre et demi, ils pouvaient avaler les charbons ardents, maîtrisaient l’art de prestidigitation, savaient soigner beaucoup de maladies.

 

12. Lors de cette période, le futur chaman doit apprendre à entrer en contact avec les bons esprits, c'est-à-dire ceux qui vont jouer le rôle de protecteurs dans sa pratique chamanistique contre les esprits néfastes.

Il doit aussi apprendre à chanter, danser, jouer du tambour, réaliser divers tours, incluant la ventriloquie.

 

 

J'ai écris cette nouvelle après avoir lu ce livre :

« L’art en Sibérie »

de Valentina Gorbatcheva et Marina Federova

(Edition Parkstone International / 2008)

 

  couverture du livre

 

M'en inspirant, tout en laissant libre cours à mon imagination...

et en y incluant cet oiseau-svastika qui m'apparu lors d'une dure crise de téthanie,

ainsi que ce svastikône ressemblant à la croix tangraïque,

emblème du peuple yakoute.

 

23 nov 08, 13h30

Svastikône du 23 nov 08, 13h30

 

Croix de Tangra-Tengri

croix Tangraïque

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Publié le par Gil
Publié dans : #autres

 

15b.jpg 

du Rien... au Rien

 

Le Rien...

Puis un Centre, matérialisé par un Point.
Ce Point devient ensuite orientation Horizontale et Verticale:
une Croix immobile, en attente...

Lentement le Mouvement circulaire se fait,
(le Mouvement est Vie)

et la Croix devient Svastika.

Puis le processus s'accélère
et le Svastika devient Roue-de-la-Vie ou Disque Solaire,
avec en son Centre un Point immobile
d'où pourtant nait le Mouvement.

Et l'on retrouve en ce point le non-Mouvement:

... le Rien

 

 

 Gil / 29 Décembre 2011

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Publié le par Gil
Publié dans : #Europe

Le temps est venu ...

 

Athéna

 

"(...) Ils sont là qui siègent, en Conseil des Anciens, près des portes Scées. L'âge pour eux à mis fin à la guerre. Mais ce sont de beaux discoureurs: on dirait des cigales, qui, dans le bois, sur un arbre, font entendre leur voix charmante. Tels sont les chefs troyens siégeant sur le rempart. (...) à voix basse, ils échangent des mots ailés."

 

-Iliade, Chant III, 146-155-

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Publié le par Gil
Publié dans : #Afrique

 

« La toile d’araignée de Dieu »

 

A-45-Voûte céleste (Avril 2011)

 

Gil / Avril 2011

       

Sommes-nous face à une représentation de l’infiniment petit, une structure atomique stylisée, un monde cristallin ordonné, un maillage de fils cohérent vu au travers d’un microscope, ou est-ce une image de l’infiniment grand, la transcription d’une voûte céleste géométrique parsemée d’étoiles, sans limites ?

Sûrement les deux à la fois comme pour synthétiser et englober dans un même regard le microcosme, le macrocosme, et par de la même, l’Homme (et la Nature).

En lui se trouve le monde dans sa totalité.

 

« L’Essence même de l’Océan se retrouve dans chacune des gouttes d’eau qui le compose. »

 

L’art islamique se refuse de représenter une image figurative du divin (iconophobe). En cheminant visuellement et mentalement dans cette structure géométrique, sur ces trajectoires rectilignes et anguleuses, un certain état méditatif, transporte celui qui sait lire entre les « lignes » pour toucher l’Immatériel. Certains nomment cet art de la non-figuration « la toile d’araignée de Dieu ».

 

« Enfermer Dieu dans une image est contraire à la grandeur céleste.» (Tacite)

 

" La prédisposition naturelle de l’Islam aux idées abstraites, s’expriment dans cette exigence d’un art non naturaliste. Dans ce que nous tenons pour la réalité, l’Islam ne voit que l’ombre de la réalité, qui est réelle ; qui est faite de divin, de spirituel. Exprimer cela, tel est le sens de l’art islamique. Il ne cherche pas à représenter les apparences de la création, mais l’intérieur, l’essentiel ; la structure du microcosme comme du macrocosme. Les valeurs essentielles. "Karl Gerstner - historien et praticien du néo-plasticisme-

(ALHAMBRA – Henri et Anne Stierlin – Editions Imprimerie Nationale – 1991 / p.112-115)

 

"Avec l’art de la mosaïque, plus d’image, plus de représentation, plus de vie. On pénètre dans un monde abstrait. Un monde qui joue de toutes les variations des constructions de l’esprit. Qui se complaît dans les tracés, les permutations, les rythmes, les cellules répétitives. Cet art joue avec la géométrie jusqu’à l’hypnose, jusqu’au vertige. Il plonge dans un abîme obsessionnel et fait éclater le triomphe des formes pures. Il se livre à des spéculations sur l’angle droit, le carré, l’octogone, voir le dodécagone. C’est un art de la ligne, de l’axe et de la symétrie. Il refuse toute profondeur, toute troisième dimension."

(ALHAMBRA – Henri et Anne Stierlin – Editions Imprimerie Nationale – 1991 / p.112)

...............

« Si Tu le veux » 

 

Je passe et repasse indéfiniment

dans ces couloirs labyrinthiques,

sur ces chemins sans fin,

dans ces tourbillons étoilés.

 

Dois-je aller à droite ou à gauche?

Avancer ou reculer?

M’élever ou me terrer?

Pour me rapprocher de toi...

 

Tu t’amuses à te cacher

derrière cette géométrie

qui rythme mon âme,

et je me perds pour mieux te voir.

 

Je te cherche.

Parfois, je te devine

et te sens proche de moi.

Il me semble alors te voir

avec les yeux de mon cœur,

puis, tu t’évanouis

pour être nulle part

et partout à la fois.

 

En fin de compte,

je ne devrais pas te chercher

afin de te trouver,

de te retrouver,

en moi.

 

« Inch’ Allah »

 

Gil / Janvier 2011

................

 

 

B-détail 1

 

Telle une calligraphie Koufi à géométrie rigoureuse, la forme (svastikas rouges) créée le fond (svastikas bruns) qui devient alors forme lui-même.

Jeu de perception des pleins et des vides s’unissant et s’opposant pour donner corps à cette frise aux svastikas multiples.

 

 

C-détail 2a

 

C-détail 2b, Universum

Amusant d’apposer ces deux images ressemblantes.

A droite de chacune des deux images, le monde visible, terrestre surmonté d’étoiles scintillantes régies par un ordonnancement sous-jacent.

A gauche, au delà de la « bordure », un autre monde, impalpable, inaccessible, conceptuel issu de l’imaginaire et des croyances de l’Homme, et de la limite de ses connaissances. (Peu à peu, la science prend le dessus sur le mythe).

 

D-détail 3

La croix latine se devine dans cette organisation propre à l’art islamique.

 

 

D-détail 3c

 

 

Chemins et représentations différentes vers une même finalité.

Quelque soit la religion, l’Homme est au cœur de toutes croyances. Les religions naissent de l’Homme, et c’est pour cela quelles se ressemblent. Il est le « corps », le « véhicule », l’élément essentiel par lequel il se forge sa propre opinion sur le monde terrestre et céleste, sur son propre monde.

L’Homme est souvent perçu comme un microcosme, comme la composante du Tout à une échelle humaine.

 

"Le microcosme, c'est l'homme en tant que résumé, synthèse et splendeur du monde avec lequel on peut établir des correspondances (...) à l'intérieur de cette analogie générale entre homme et monde." (Définition Wikipédia)

 

 

" On dit de l'homme qu'il est un microcosme, non parce qu'il est composé des quatre Eléments -car c'est aussi le propre de chacun des êtres vivants et même des plus rudimentaires - mais parce qu'il possède toutes les valeurs du cosmos. Dans le cosmos, en effet, il y a des dieux et il y a aussi les quatre Éléments, les animaux sans raison et aussi des plantes. Toutes ces valeurs, l'homme les possède. Il a, en effet, une vertu divine, la raison. "(Pythagore)

 

 

 

" La création de l'homme s'étant accomplie de la même façon que celle du monde, il existe une ressemblance étroite entre les fonctions remplies par les éléments et le rôle des parties du corps. " (Hildegarde de Bingen)

 

E-détail 4a

Rosace de vitraux aux pétales de zelliges cloisonnés.

Cœur étoilé au svastika tournoyant sur lui-même.

 

« Du mouvement naît la Vie »

 

F-détail 4b

 

 

En guise de Gamma (la branche en L du svastika), le mot « amour » (cf. après) en calligraphie arabe donne corps à ce monogramme placé au centre de la voûte céleste.

De l’abandon du calligraphe émerge la croix tournant autour de son axe, « l’Axis Mundi », - l’Axe du Monde - si cher aux représentations cosmogoniques tel les Roses des cathédrales, les mandalas, les roues diverses et autres structures symboliques concentriques.

 

G-détail 4c

 

« Amour »

"Hampe-pirogue glissant sur le miroir de l’eau,

tel un calame taillé dansant sur une page blanche."

 

H-détail 5

 

 

Autre svastika calligraphié aux pleins et déliés

tournoyant dans un octogramme si cher à l’art islamique.

 

« Sous la force du Mouvement, les hampes plient

tels des roseaux aux fibres résistantes et souples. »

 

« Alvéoles, niches, pendentifs et festons, conçus sur le tracé de l’étoile à huit branches ou de l’octogone, s’inscrivent dans une croissance qui, à force de ressembler à une structure végétale ou à quelque colonie d’insectes, revêt un aspect organique. La géométrie est poussée à un tel degré que ses qualités structurelles cessent d’être perceptibles. Comme dans le système de la géométrie fractale, conçu et développé par Benoit Mandelbrot, on assiste à un fractionnement progressif de l’espace, où l’ordre devient si complexe qu’il finit par évoquer une sorte de chaos fourmillant et protéiforme. »

(ALHAMBRA – Henri et Anne Stierlin – Editions Imprimerie Nationale – 1991 / p.102)

 

I-détail 6a

 

 

Brins noirs aux rehauts d’or se chevauchant pour dessiner un octogone étoilé.

 

 

J-détail 6b

Tourbillon « svastikal » au tracé cursif et végétal qu’un roseau affuté laissa derrière lui.

 

« Le répertoire formel que l’on découvre en examinant les motifs de ces planches montre l’imagination graphique des artistes maures, qui jouent avec les carrés, les carrés entrelacés, les octogones, les losanges et les étoiles. Grâce à l’apport de thèmes végétaux stylisés, tels que les fleurs et feuillages, rosaces, palmettes et pétales, (...) l’éventail des ornementations parvient sans cesse à se renouveler, à l’intérieur d’une systématique de réseaux, de dispositions strictes et ordonnées. L’Islam y expose sa fascination pour les motifs répétitifs, les schémas juxtaposés ou intriqués et les semis d’étoiles à huit branches. Ces éléments se composent, se mêlent, s’opposent, se répondent dans un ordre parfait et selon un processus toujours logique et rigoureux. »

(ALHAMBRA – Henri et Anne Stierlin – Editions Imprimerie Nationale – 1991 / p.108)

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Publié le par Gil
Publié dans : #Europe

Idole-cloche, poupée tutélaire

 

"La vie suspendue à un fil"

 

     idole 1a'

 

Cette figurine en terre cuite, appelée "idole-cloche", provient de la Béotie, une région de la Grèce centrale, et a été réalisée à la fin de l'art géométrique (750-690 av. J.-C.), par des potiers de Thèbes. Sa hauteur est de 39,5 cm.

Son décor de quadrillage géométrique, entouré de deux oiseaux surmontés de motifs dont la double hache, est sans doute inspiré de l'art Minoen crétois.

 

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    idole 1g'

 

La figurine est vêtue d'une grande robe, réalisée au tour de potier, puis aplatie. La tête, perchée sur un long cou, les seins et les bras, ont été, quant à eux, modelés puis ajoutés au corps avant la cuisson. La figurine fut ensuite décorée de motifs géométriques proches de ceux que l'on peut trouver sur certaines œnochoés (pichet à vin): lignes de chevrons ou de losanges, triangles, svastikas ou oiseaux d'eau.

 

     idole 1d'

 

Le décor rappelle certains motifs de bijoux ou de tatouages avérés à l'époque, d'autres sont plus symboliques. On y voit des svastikas sur les bras et avant-bras, ainsi que sur le torse (doubles svastikas dextrogyre) représentant des signes solaires.

La présence d’oiseaux d’eau et de rameaux sont peut-être une évocation de règnes animal et végétal sur lesquels la figurine était supposée régner.

 

    03-001285'

 

Les jambes sont articulées, et le petit trou au dessus de la tête peut s’expliquer par la présence d’un fil de suspension. Tenue d’une main ou accrochée à un bâton, la figurine donnait l’impression de marcher telle une marionnette.

 

 idole 1c-copie-1

 

Attesté dans des tombes de femmes ou d'enfants, entre le Xe et le VIIIe siècle avant JC, ce type de figurine devait alors tenir le rôle d'accompagnateur et de protecteur du mort pendant son voyage vers l'au-delà.

 

 

 idole 1f-copie

 

Texte plus complet du site du Louvre:

http://www.louvre.fr/llv/oeuvres/detail_notice_popup.jsp?CONTENT%3C%3Ecnt_id=10134198673225106&CURRENT_LLV_NOTICE%3C%3Ecnt_id=10134198673225106&FOLDER%3C%3Efolder_id=9852723696500782

 

................................ 

 

« Donne-moi ta main, n’ai pas peur, je suis là pour t’accompagner.

Qui je suis ? Une petite poupée de céramique qui fut posée à tes cotés, tout contre toi. Nous allons faire quelques pas ensemble jusqu’à la grande Voie.

Tu te sens mieux à présent. Tu n’as plus cette fièvre qui te brûlait le corps. La douleur est partie. Te sens-tu plus légère ?

Viens ! Marche à mes cotés.

Ne sens-tu pas ce vent léger qui nous caresse le visage et le corps ? Ce même vent qui nous porte vers ce quoi nous allons, vers ce à quoi nous sommes destinés.

Qu’il était inévitable de se retrouver là où nous sommes, mais qu’il est bon d’être ensemble, main dans la main. Même si tu as peu vécu, l’essentiel était en toi.

Je te sens surprise, mais posée. Cela va bien se passer, fais-moi confiance.

Je te vois sourire.

As-tu remarqué ces signes qui sont sur ma peau de terre ? Ils représentent ce que tu as toujours su au fond de toi-même, et c’est pour cela que tu es prête, aujourd’hui.

Te souviens-tu que tu dessinais souvent ces mêmes signes dans le sable ? Oui ! Ceux-là. Ils sont si simples au regard, si épurés et pourtant ils représentent le Tout. C’est pour cela que ton père les a peints sur mon corps parmi d’autres figures. C’est aussi pour cette raison que je suis à tes cotés pour te guider. Ils sont là pour nous accompagner et nous rassurer. Ils nous apportent un bien-être, n’est-ce pas ?

Continuons ! Nous ne sommes plus très loin.

Entends-tu le grand Océan? Ne le sens-tu pas déjà en toi?

Que tu es rayonnante en cet instant !

Le Passage t’a semblé tellement facile...

J’en étais convaincue. »

Gil / 7 Mars 2011 / Chartres

 

............................... 

   

Je vois des silhouettes se tenir par la main,

former cercle dansant autour de moi.

Je vois des plantes perlées jaillir d’un sol fertile,

devenir astres au firmament.

Je vois un grand soleil rayonnant au cœur d’étoile,

réchauffer mon âme apaisée.

Je vois des Croix–de-Vie tourner sur elles-mêmes,

m’élever vers d’autres cieux.

Je vois tout cela...

 

Gil / 11 mars 2011

 

 

idole 2

Figure féminine en argile / h : 33 cm

vers 700 av. JC / Béotie (GRÈCE)

 

Je me suis imaginé que le décor peint sur les poupées de terre était justement l'image que se faisaient ces peuples de l'Au-delà (et du trépas).

J’ai donné voix à cette petite fille qui décrit ce qu’elle a sous les yeux, après avoir été accompagnée par cette poupée-tutélaire jouant son rôle de « Passeur ».

Encore une fois, les svastikas ont le rôle bénéfique d'accompagner et de protéger le défunt vers sa nouvelle Vie, en prenant l'aspect de signes solaires.

Ces figurines funéraires me rappellent celles de l'article Svastika-Chupicuaro ayant également le rôle de guider le mort dans l'Au-delà.

 

..............................

 

Ne pleure pas si tu m'aimes

 

La mort n'est rien !

Je suis seulement passé de l'autre côté.

Je suis moi, tu es toi.

Ce que nous étions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours.

Donne-moi le nom que tu m'as toujours donné.

Parle-moi comme tu l'as toujours fait.

N'emploie pas un ton diffèrent.

Ne prends pas un air solennel ou triste.

Continue à dire ce qui nous faisait rire ensemble.

Parle, souris, pense à moi, prie pour moi.

Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été.

Sans emphase d'aucune sorte, sans trace d'ombre.

La vie signifie toujours ce qu'elle a signifié.

Elle est ce qu'elle a toujours été, le fil n'est pas coupé.

Pourquoi serais-je hors de ta pensée ?

Simplement parce que je suis hors de ta vue ?

Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin !

Tu vois tout est bien...

Ne pleure pas si tu m'aimes.

Si tu savais le don de Dieu, et ce que c'est que le ciel.

Si tu pouvais d'ici entendre le chant des Anges et me voir au milieu d'eux.

Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons et les champs éternels,

Les nouveaux sentiers où je marche.

Si un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté,

Devant laquelle toutes les Beautés palissent !

Quoi ! Tu m'as vu, tu m'as aimé dans le pays des ombres

et tu ne pourrais ni me revoir,

Ni m'aimer encore... dans le pays des immuables réalités ?

Oh! Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens

comme elle a brisé ceux qui m'enchaînaient...

Et quand un jour que Dieu connaît et qu'il a fixé...

Ton Âme viendra dans le ciel ou l'a précédé la mienne.

Ce jour là, tu recevras celui qui t'aimait et qui t'aime encore.

Tu retrouveras son cœur, tu en retrouveras les tendresses épurées.

Essuie tes larmes et ne pleure pas,

Si tu m'aimes.

-PRIERE DE ST-AUGUSTIN-

 

 

On peut ne pas être croyant (mais emprunt d’une certaine religiosité!) et apprécier la beauté d'un texte religieux. Cela n'est qu'une question d'ouverture de Soi sur l’Autre (et sa perception du monde)

Je trouve que cette prière vient bien compléter les dires de cette petite fille sortie de mon imaginaire.

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Publié le par Gil
Publié dans : #Asie

 

 

poisson-Tao

 


 

poisson

 

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à Christine

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Publié le par Gil
Publié dans : #Europe

 

titre

 

 

SvastikAlhambra

Gil / Janvier 2011

 

Dôme ou coupole à cosmologie ordonnée composé d’étoiles concentriques (compression – dilatation) et d’étoiles tournant sur elles-mêmes (svastika)

 

 La grande danse des chiffres

De la périphérie au centre :

Le 4 : le carré du cadre, puis les svastikas d’angle.

Le 8 : chacun des deux octogrammes (ou octogone à 8 branches) accompagnant les svastikas d’angle, puis le grand octogone contenant

un octogone étoilé à branches orange.

Le 16 : hexadécagramme (ou étoile à 16 branches) central,

et enfin le quadruple svastika (4x4 gamma) : le SvastiSkarabée vert.

 

 

  

 

détail 1

 

Explosion étoilée de zelliges au cœur svastiskarabisant vert, couleur de l’Islam, et par delà même, de Mère-Nature.

Éclat cristallin à la périphérie de l’hexadécagramme en expansion.

Grande rosace sacrée aux pétales rectilignes et anguleux

sous la tutelle des octogrammes d’angle.

 

 

 

 

 

détail 2

 

Équilibre et stabilité dans cet Univers géométrique et ordonné.

Droite, angle, diagonale, triangle, carré, diagon, octogone, rosace, étoile, svastika... tel est le vocabulaire formel usité pour retranscrire l’essence même de notre monde atomiquement structuré.

Tout vibre et se répond, et en même temps, s’équilibre et se pose.

Forces égales qui s’additionnent et s’annulent dans une certaine Harmonie.

 

L’octogramme vert me fait penser à un tilak (troisième œil)

entre deux yeux losangiques d’un visage étrange

à la bouche (ou trompe) aux quatre taux formant svastika.

 

 

 

 

 

détail 5

 

SvastikArabe et octogrammes aux couleurs du Jardin Céleste

répondant au grand panneau octogonal à cellules géométriques.

 

 

 

 

détail 4

Tel des aimants (dans tous les sens du terme),

ces deux triangles s’attirent et se repoussent.

Svastika dextrogyre et sénestrogyre tournoient

dans un octogramme vert apaisant,

lui-même au cœur de cette figure nait de l’octogone doublement étoilé.

Transparence colorée d’un vitrail laissant filtrer la Lumière Céleste.

 

 

 

 

 

détail 3

 

Détail des caissons sur les branches de l’octogone étoilé.

Ordonnancement géométrique d’octogrammes concentriques

et imbriqués les uns dans les autres.

Svastika lotusé au centre de cette nébuleuse à structure dynamique.

 

 

....................................

 

 

« Si Tu le veux »

 

Je passe et repasse indéfiniment

dans ces couloirs labyrinthiques,

sur ces chemins sans fin,

dans ces tourbillons étoilés.

 

Dois-je aller à droite ou à gauche?

Avancer ou reculer?

M’élever ou me terrer?

Pour me rapprocher de toi...

 

Tu t’amuses à te cacher

derrière cette géométrie

qui rythme mon âme,

et je me perds pour mieux te voir.

 

Je te cherche.

Parfois, je te devine

et te sens proche de moi.

Il me semble alors te voir

avec les yeux de mon cœur,

puis, tu t’évanouis

pour être nulle part

et partout à la fois.

 

En fin de compte,

je ne devrais pas te chercher

afin de te trouver,

de te retrouver,

en moi.

 

« Inch’ Allah »

 

Gil / Janvier 2011

 

 

....................................

 

Voici deux versions différentes qui ont jalonnées la lente réalisation de SvastikAlhambra...  

 

 

 SvastikAlhambra 5b

plus "nocturne" ou aquatique.

 

 

 

 

SvastikAlhambra 1

 

Voilà mon tout premier jet d'où tout est parti.

Une belle aventure...

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